Franck Cammas, Frédéric Le Peutrec, Stève Ravussin, Loïc le Mignon, Lionel Lemonchois, Jacques Caraës, Thomas Coville, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean et Sylvain Mondon (météorologue-routeur à terre), l'équipage de «Groupama 3» était réuni, mardi soir, au musée de la Marine (1). Un lieu hors du temps, singulier pour un endroit qui abrite un symbole de la course contre la montre: le Trophée Jules-Verne! Plusieurs protagonistes de cette histoire, inspirée par le roman de Jules Verne et qui dure depuis 20 ans étaient réunis pour la passation du trophée.
Les regrets de Lamazou
Florence Arthaud et Titouan Lamazou, qui, avec quelques autres marins, avaient porté l'Association «Tour du monde en 80 jours» sur les fonts baptismaux en août 1990, ont rappelé la genèse de ce Trophée en regrettant de ne jamais avoir réussi à en être des acteurs. «Je n'ai jamais été foutu de prendre le départ et c'est un grand regret», a dit, avec humour, Lamazou. Le vainqueur du premier Vendée Globe (1990) avait fait construire un grand monocoque («Tag Heuer») pour ce tour du monde, mais une fortune de mer avait torpillé tous ses espoirs. Bruno Peyron fut le premier marin à aller au bout de ce défi en 1993, en passant sous la barre des 80 jours avec son catamaran «Commodore Explorer». Le Baulois, qui avait encore accroché ce trophée en 2002, en était aussi le dernier détenteur avec son catamaran «Orange 2» en 50 jours, 16h 20'. Il a rappelé que«ce trophée récompense toujours une entreprise collective et qu'il était fier d'avoir été battu par la meilleure équipe du monde».
Un trophée convoité
Il y avait donc de l'émotion dans l'air au moment du passage de ce trophée à Franck Cammas et son équipage, premiers marins à descendre sous la barre symbolique des 50 jours (48 j. 7h 44'52''). Cette coque épurée, qui tient en lévitation grâce un champ magnétique, est l'objet de la convoitise de tous les chasseurs du temps: «Ce trophée, nous y avons pensé même au cours de nos quarts avec Jaco (ndlr: Jacques Caraës) ! Il s'est fait désirer et s'est offert à nous, non sans effort, au bout de la troisième tentative. Cette coque symbole de notre victoire ponctue ce soir le chapitre. J'ai été très bien entouré et soutenu tant par l'équipage que par le team à terre. C'est une aventure collective très enrichissante, de celles qui vous marquent toute la vie», soulignait Franck Cammas, ému à l'issue de cette cérémonie. Entré dans le cercle restreint des détenteurs du Jules-Verne, il est désormais tourné vers un autre défi ambitieux : la Volvo Ocean Race.
(1) L'Américain Stan Honey, le navigateur du bord, retenu aux Etats-Unis, était absent.

le 20 mai 2010
(Source : Le Télégramme)



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