Sur la dynamique du Jules-Verne, Coville ne va pas arrêter de dévorer du mille avec son trimaran «Sodeb'o» remis à l'eau hier à LaTrinité-sur-Mer. Hier à l'abri dans le cadre cosy du Lodge Kerisper, c'est un marin serein et plein d'envie qui a évoqué ces nouveaux défis, un sprint entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre et un marathon autour du monde. «La Route du Rhum et le Tour du monde sont deux projets majeurs et deux exercices de style différents. Concernant le Tour du monde qui est ce qu'il y a de plus engagé, de plus ultime pour un marin, je n'avais pas à rougir de ce que j'avais accompli mais j'ai gardé un sentiment d'inachevé. Le fait de l'avoir accompli avec Groupama sans pression m'a aidé à relativiser et me donne plus de confiance pour cette nouvelle tentative à la conquête du record de Francis Joyon».
Des foils pour un trimaran plus aérien
En plus du mental à toute épreuve qu'on lui connaît, le marin le plus rapide sur l'Atlantique en solitaire aborde ces deux rendez-vous avec de nouvelles armes. Face à une concurrence qui ne s'est pas endormie, il était vital à ses yeux de faire progresser son trimaran de 32 mètres. Outre l'opération gain de poids à tous les étages et notamment sur le gréement carbone avec un transfert de la technologie d'Alinghi, la grande nouveauté est l'adjonction de foils sur son trimaran: «Les foils vont nous permettre d'être moins archimédien, plus aérien. On a mis deux ans pour ?maturer? cette évolution qui était prévue dès l'origine. Avec, Sodeb'o va passer dans une autre ère», expliquait, hier, Thomas Coville, qui espère un gain de 5 à 7% du potentiel de vitesse de sa machine. «Avec l'effet conjugué des foils et du mât basculant le bateau va être vraiment boosté, il va voler», précise-t-il. Pour encaisser ces nouvelles contraintes, un gros travail de recherche et de fiabilisation des pilotes automatiques a été mené par son équipe technique. La tentative Cadix - San Salvador servira à valider cette évolution avant l'échéance de la Route du Rhum - La Banque Postale.
Faim de renaviguer en solo
En cette journée de remise à l'eau dans un vent frisquet, Thomas Coville n'a eu de cesse de mettre en avant la qualité de l'équipe qui est à son service. «Une Route du Rhum ne se gagne jamais seul», dit-il. Mais il faut aussi un solitaire d'exception et d'un grand charisme pour porter les projets Sodeb'o sur les océans de la planète. Après s'être fondu avec plaisir dans l'équipage de «Groupama 3» pour le Jules-Verne, il enfile à nouveau son habit de solitaire: «Reprendre sa casquette de patron cela veut dire assumer les choix et les erreurs, donc plus de pression. Mais j'ai faim de retourner en solo renaviguer sur mon bateau avec des idées que je suis allé puiser ailleurs. Je ne me suis jamais enfermé sur un seul bateau. J'ai toujours été ouvert sur d'autres projets, cela fait partie de mon caractère...» Curiosité technique, ouverture d'esprit, Coville, compétiteur dans l'âme, est paré pour les défis à venir.
le 4 mai 2010
(Source : Le Télégramme)



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