Les navires de commerce sont aussi engagés dans cette course au gigantisme. Les porte-conteneurs transocéaniques affichent des capacités de chargement record. Ils sont capables de transporter des milliers de conteneurs, dont un pourcentage non négligeable d'entre eux contient des produits toxiques.
« 50 000 personnes sur l'eau chaque jour »
Le transit de ces navires au large de nos côtes constitue un souci supplémentaire pour l'amiral Philippe Périssé, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord. « Chaque jour, 700 navires circulent entre Les Casquets et le Pas-de-Calais. Nous avons en permanence l'équivalent d'une cité de 50 000 personnes sur l'eau. » Une situation à haut risque de collisions.
La circulation de ces mastodontes dans un « Channel » relativement étroit accentue la pression sur les services de secours et de sécurité en mer. Le Cluster maritime français a même lancé un appel en direction de l'OMI (Organisation maritime internationale) pour qu'elle s'intéresse de plus près au phénomène. Par exemple, « ces grands navires ne sont pas tous équipés de dispositifs de remorquage suffisants », souligne l'amiral. En clair, on n'est pas certain que la structure résiste à un remorquage dans le mauvais temps.
« Notre manière d'aborder le sauvetage a aussi évolué. Avant, notre priorité c'était l'évacuation des personnes », explique le marin. Mais comment extraire, en pleine mer, plus de 8 000 personnes ? « Nous ferions appel à tous les navires croisant dans le secteur, notamment les ferries (70 rotations par jour entre Roscoff et la Belgique). » Mais, face au gigantisme, les services de sécurité en mer « privilégient désormais la sauvegarde du navire, qui demeure, sauf naufrage, l'endroit le plus sûr. »
L'organisation française, qui s'appuie sur la coopération interservices (Affaires maritimes, douanes, Marine nationale, SNSM, etc.) « multiplie donc les formations et les exercices pour disposer d'un volant d'équipes spécialisées mobilisables à tout moment et capables d'intervenir à bord des navires en difficulté ».
Le manque de visibilité permanente du trafic constitue toutefois un handicap. Malgré un maillage de radars en France et en Angleterre, le préfet maritime ne peut visualiser l'ensemble de sa zone en temps réel. « Aucun satellite n'est en position géostationnaire au-dessus de la Manche. »
Un radar avancé du Cross Jobourg devait être implanté sur l'île de Guernesey pour combler la zone d'ombre entre Ouessant et Les Casquets. « Faute de crédits », il demeure au fond des cartons. Alors, l'amiral Périssé se prend à rêver de drones survolant la Manche équipés de caméras infrarouge.
le 23 décembre 2009
(Source : Ouest France)



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