le 9 septembre 2011
Voile. L'appel de détresse de Pascal Quintin

Victime d'undémâtage dimanche, au large de La Hague, leskipper briochin Pascal Quintin lanceun appel dedétresse. Pourlui permettre de reprendre la mer l'an prochain, ila besoin d'argent et cherche des partenaires.
Le skipper briochin Pascal Quintin a le moral dans les chaussettes. Ledémâtage de son trimaran Iveco-Martenat (ex-Jean Stalaven), dimanche, au large du cap de LaHague, est un nouveau coup dur pour ce vieux loup de mer à la passion dévorante. «On venait de participer au Trophée multicoques de Fécamp, la dernière course de la saison. On voulait revenir rapidement vers Saint-Quay-Portrieux, notre port d'attache, car la plupart d'entre nous devions reprendre le travail le lendemain. Il y avait 25 à 30 noeuds de vent. Et le mât a cédé. Un mât en fibre de carbone de 20m de haut, d'une valeur de 46.000 €, qu'on venait juste de finir de payer», confie le marin, désabusé.
«Stopper la série noire»
Mais Pascal Quintin n'est pas du style à s'apitoyer sur son sort. C'est un battant. Un skipper qui tient à son bateau comme à la prunelle de ses yeux. «C'est normal, ce trimaran, on l'a construit avec des copains, entre2000 et2002, de nos propres mains... C'est un bateau chargé d'histoire, qui compte beaucoup pour nous.» Déjà, en 2006, lors de la Route du Rhum, Pascal Quintin avait démâté entre les Açores et les Antilles. «Le bateau s'était carrément retourné. J'avais dû le laisser au milieu de l'océan. Mais il était hors de question qu'il finisse comme ça. J'ai fini par le retrouver en 2007. Sur un énorme coup de chance. On l'avait alors complètement refait pour qu'il puisse reprendre la mer dès l'année suivante», se souvient-il. Cette fois encore, contre vents et marées, le Briochin compte bien refaire surface. Seulement voilà, le bateau n'était pas assuré. «Beaucoup trop cher pour des amateurs à la recherche perpétuelle de partenaires financiers». Conséquence, il va falloir réparer ce mât ou en trouver un autre. «Même d'occasion. Car il faut à tout prix que ce bateau navigue de nouveau l'année prochaine. Pour stopper la série noire. S'il reste là, sur une pelouse, c'est la mort!»
Pas d'aumône
Actuellement, son trimaran est au port de Cherbourg, vers lequel ilavait dû se résoudre à faire route, dimanche. Un ami va lui prêter unmât pour le ramener à bon port,dans les Côtes-d'Armor. Et après? «Après, quelques camarades skippers de la classe 50 dans laquelle j'évolue ont fait savoir qu'ils étaient prêts à m'aider aussi, par solidarité. Mais je vais avoir besoin d'argent, confesse-t-il. C'est dur pour moi d'en arriver là... Je ne peux pas imaginer que cette belle aventure collective s'arrête comme ça, sur ce coup du sort. Mais sans argent, je n'y arriverai pas.» Pour autant, Pascal Quintin n'entend pas demander l'aumône. Parfierté. «Je ne veux pas me sentir redevable de quoi que ce soit nide qui que ce soit. En échange del'argent qu'on me donnera, jem'engage à organiser des journées de navigation et à faire de lapublicité sur la coque du bateau.» Quoi qu'il en coûte, le marin reprendra la mer. Avec la même passion. «Et une motivation bien plus forte aujourd'hui, à 50 ans, que celle que j'avais à 20 ans.»
le 9 septembre 2011
(Source : Le Télégramme)



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