Anne Quéméré. Première grosse tempête

Partie début mars de Païta (Pérou) en direction de Tahiti sur un kite-boat, AnneQuéméré vient d'essuyer son premier gros coup de tabac. Impressions recueillies vendredi, par téléphone.
Comment se passe votre périple?
Jusqu'à présent, tout était calme, je manquais même parfois de vent. Et tout à coup, le ciel s'est assombri, puis ce fut le déluge.
Avez-vous été secouée?
Plus que ça. L'embarcation s'est couchée à plusieurs reprises. Et là, je peux remercier cet affreux arceau de sécurité. Sans lui, je me retournais. Mais, prévenue par ma météo, j'avais eu le temps de tout arrimer à bord et je m'étais préparée en cas de chavirage.
Êtes-vous blessée?
Rien de grave. Des «gnons» et des bleus... la routine!
Où en êtes-vous de votre progression?
Je suis un peu trop au nord. Il faut que je redescende pour trouver les alizés.
Savez-vous qu'après le tsunami japonais, un nuage radioactif risque de se diriger vers le Pacifique?
Que puis-je y faire? Je ne vais pas l'arrêter, si vraiment il y en a un.
Comment avez-vous été prévenue de cette catastrophe?
Par des courriers. J'étais déjà trop loin pour en ressentir les effets. Mais j'ai aussitôt appelé mes partenaires du port au Pérou qui étaient menacés. Pour avoir des nouvelles des Japonais aussi.
Quelles rencontres faites-vous en plein océan?
À part un thonier et un hélico qui devaient repérer les bancs de poissons, rien. Ce n'est pas une route commerciale, ce qui rend d'ailleurs les fichiers météo beaucoup moins précis, contrairement à l'Atlantique.
Avez-vous gardé la notion de l'heure?
Pas du tout et ça m'est égal. Je vis avec le temps de la nature.
le 21 mars 2011
(Source : Le Télégramme)



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