le 6 décembre 2011
Trophée Jules-Verne. La froide réalité du Sud

Changement d'ambiance et de décor à bord du maxi-trimaran «Banque PopulaireV», qui glisse dans l'océan Indien. La réalité du Sud est bien présente avec, en prime, la présence de glaces aux Kerguelen.
Le maxi-trimaran «Banque Populaire V» a mis du sud dans sa route et plonge vers les îles Kerguelen qu'il devrait doubler dès demain. Un archipel qui rappelle quelques souvenirs intimes à Loïck Peyron. Lors du premier Vendée Globe en 1989, sa fille était née au moment où il doublait ces îles. Et et au prénom de Marie, déjà choisi, avait été joliment ajouté Kerguelen. Naviguer dans ces parages est toujours un moment chargé d'émotion pour le Baulois mais pas question de forcer sur la séquence souvenirs.
Dans le vif du sujet
Pour Peyron et son équipage, le Grand Sud a pris ses droits. Plus de 24heures après leur entrée dans l'océan Indien, les quatorze hommes sont plongés dans le vif du sujet. Plafond bas, visibilité réduite, morsure du froid et glaces à l'horizon par 48° Sud, la tension était perceptible lors de la vacation en direct du Salon nautique «Le vent est soutenu en ce moment. On a entre 27 et 29 noeuds de vent de nord-ouest. On fait un cap à l'est très rapprochant. La mer n'est pas trop formée donc on va vite. Le bateau glisse bien... Les conditions sont idéales, si ce n'est que le ciel est bas, que c'est brumeux, qu'on ne voit pas grand-chose et qu'il commence à faire vraiment froid dehors. J'étais obligé de barrer avec les gants tout à l'heure parce que je commençais à avoir l'onglée. L'eau est à 7°, l'air est à 9°, mais avec les 35 noeuds de vent apparent qu'il y a dehors, tu as vite froid et on sait qu'on est encore loin de ce qu'on va avoir de pire dans les 48 prochaines heures», rac
ontait Thierry Chabagny, heureux de ce baptême du Grand Sud.
Le danger des glaces
Au cours de la nuit de dimanche à lundi, l'équipage a été très sollicité pour enchaîner deux empannages afin de se recaler sur la route des Kerguelen que le maxi-trimaran va négocier par le sud. La suite va être vécue sous haute tension en raison «de la présence de glaces sur la route du maxi-trimaran. «Il y a notamment une zone un peu bizarre dans l'ouest des Kerguelen qui nous inquiète un peu. On nous a également signalé un immense champ d'icebergs après les Kerguelen, il y a quelques jours». Tout l'art pour Loïck Peyron, Juan Vila, le navigateur à bord, et Marc Van Triest, routeur à terre, va être de trouver la bonne trajectoire dans ce champ de mines. Hier après-midi, le maxi-trimaran progressait encore à 33 noeuds et comptait 1.733 milles d'avance sur le tableau de marche de «Groupama 3».
le 6 décembre 2011
(Source : Le Télégramme)



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