le 4 janvier 2010

Embarqués ou à terre, les routeurs sont des anges gardiens chargés de guider les marins. Depuis Toulouse, Sylvain Mondon (Météo France) s'apprête à router le «Groupama 3» de Franck Cammas autour du monde.
Quelle est la meilleure définition du routage?
«Mon travail consiste à faire gagner du temps au bateau, pour que l'équipage aille le plus vite possible du départ à l'arrivée. Leur faire gagner du temps dans l'analyse des fichiers et la compréhension des systèmes».
Avant chaque départ, on parle de fenêtre météo : c'est quoi une bonne fenêtre météo?
«C'est un système qui permet de naviguer rapidement et sans difficultés lors des premiers jours de course. Pour un Trophée Jules-Verne, une bonne fenêtre, c'est du vent portant modéré à assez fort, entre 20 et 25 noeuds, et pas trop de mer. Il faut que cette fenêtre permette de faire la jonction avec les alizés, au niveau du Portugal si possible. En résumé, du vent de nord à nord-est sur l'Atlantique Nord».
Est-il vrai qu'aujourd'hui, vous êtes capables d'estimer le temps de passage au cap de Bonne Espérance?
«Effectivement, on ne partira pas si on considère que l'anticyclone de Sainte-Hélène est mal placé, même si les conditions sont intéressantes sur l'Atlantique Nord. Maintenant, on n'appréhende pas les choses de manière aussi précise, on estime plutôt les risques. On regarde si l'anticyclone de Sainte-Hélène est mal placé ou pas. Si le risque est faible, on y va».
Théoriquement, peut-on effectuer un tour du monde à la voile en 45 jours?
«Si tout s'enchaîne bien, 45 jours, c'est effectivement possible. Mais cela n'intègre pas les problèmes techniques donc il y a une part d'aléatoire sur la gestion de la trajectoire. Et puis, un enchaînement idéal du début à la fin, ça reste assez improbable».
Avec des multicoques capables d'avaler plus de 800 milles par 24heures, cela change-t-il la façon de router?
«Oui clairement. D'une manière générale, plus le bateau va vite, plus les opportunités sont importantes. Avec un bateau comme «Groupama 3», capable de tenir des vitesses élevées longtemps, on peut envisager de faire des écarts de route importants pour aller chercher des configurations plus intéressantes».
Comment fonctionnez-vous avec le bateau pendant une tentative de record?
«Au minimum deux fois par jour avec des échanges par e-mail, si besoin avec des échanges vocaux mais il y a des risques de malentendus plus importants. Donc on confirme tout par e-mail. Lors de passages plus délicats comme le Pot au Noir, les échanges peuvent être beaucoup plus fréquents. Au-delà de la journée en cours, mon travail s'effectue surtout sur le long terme».
A propos de fenêtre météo, qu'y a-t-il à l'horizon?
«Il y a une belle fenêtre qui démarre demain, lundi 4janvier (ndlr: aujourd'hui) mais nous sommes en reconditionnement du bateau à Lorient. Le stand-by n'a pas commencé donc on ne pourra pas la prendre. Malheureusement car, en temps de parcours, cette fenêtre-là était un petit peu mieux que ce qu'on avait le 5novembre (ndlr: lors de la dernière tentative). Mais elle n'est pas pour nous».
le 4 janvier 2010
(Source : Le Télégramme)



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