le 26 février 2010
Groupama 3 a bénéficié d'un bon flux de secteur Sud-Ouest pour descendre jusqu'au 55°30 Sud avant d'empanner ce matin (heure française). Franck Cammas et ses hommes conservent un oreiller d'avance de plus de 370 milles et naviguent désormais plein Est, toujours à près de trente noeuds de moyenne.
Le vent est en train de fraîchir sur l'océan Pacifique et comme il a viré au Nord-Ouest, Franck Cammas et ses hommes ont effectué un empannage vers 6h00 (heure française). Par leur position très Sud, ils sont pratiquement à la latitude du cap Horn, distant d'environ 3 500 milles : avec 25 à 30 noeuds sur une mer relativement formée, le trimaran géant va progressivement remonter pour rejoindre la trajectoire de son prédécesseur qui avait aussi été rapide sur cette tranche de parcours. C'est pourquoi Groupama 3 ne gagne plus de milles sur son concurrent virtuel, Orange 2 ayant aligné plusieurs journées à plus de 650 milles en 2005 dans le Pacifique.
Deux fois le même jourÀ bord, l'heure de l'équipage est calé sur le temps Universel (TU), l'heure établie par le méridien de Greenwich. Mais le décalage local est important puisque lorsqu'il est minuit en France, il est midi du côté de l'île antipode, « l'île du jour d'avant » de Umberto Eco... Et en franchissant vers 22h30 (heure française), l'antiméridien, l'équipage de Groupama 3 a passé la ligne de changement de date : il a le droit à un nouveau jeudi 25 février !
« Phileas Fogg avait « sans s'en douter », gagné un jour sur son itinéraire, - et cela uniquement parce qu'il avait fait le tour du monde en allant vers l'Est, et il eût, au contraire perdu ce jour en allant en sens inverse, soit vers l'Ouest. En effet, en marchant vers l'Est, Phileas Fogg allait au-devant du soleil, et, par conséquent les jours diminuaient pour lui d'autant de fois quatre minutes qu'il franchissait de degrés dans cette direction. Or, on compte trois cent soixante degrés sur la circonférence terrestre, et ces trois cent soixante degrés, multipliés par quatre minutes, donnent précisément vingt-quatre heures, - c'est-à-dire ce jour inconsciemment gagné. En d'autres termes, pendant que Phileas Fogg, marchant vers l'Est, voyait le soleil passer quatre-vingt fois au méridien, ses collègues restés à Londres ne le voyaient passer que soixante-dix-neuf fois. C'est pourquoi, ce jour là-même, qui était le samedi et non le dimanche, comme le croyait Mr. Fogg, ceux-ci l'attendaient dans le salon du Reform Club... » Jules Verne (Le tour du monde en quatre-vingt jours) |
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le 26 février 2010
(Communiqué de presse : www.cammas-groupama.com)