le 15 novembre 2009

Trophée Jules-Verne. Le skipper de Banque Populaire V est prêt à s’élancer autour du monde. Trois ans après l’annonce d’un projet dont il est très fier.
Pascal, cette fois vous êtes dans les starting-blocks ?
S’il avait fallu partir le 2 novembre, on était prêt. Mais on n’a pas encore vu une fenêtre météo top. Mercredi dernier, on a fait une sortie en mer grandeur nature, tout a été vérifié, jusqu’au moindre détail. On était sous grand’voile haute, toutes les manœuvres ont été faites, on a vraiment tout fait. Je pense qu’on a vraiment eu raison de faire ça. Et quand on est rentré, on se disait que ça tenait la route grave ! Ensuite, on sera moins emmerdé sur un tour du monde.
Un duel avec Groupama 3…
(il coupe) n’était pas à l’ordre du jour. Franck (Cammas) vit sa vie, il ne m’a pas téléphoné quand il a choisi de partir. Quand j’ai vu la météo du 5 novembre (veille du départ de Groupama 3), je ne me suis pas tapé sur le bide.
Mais quand on parle de bonne fenêtre météo, le grand public a du mal à comprendre pourquoi tous ne s’y engouffrent pas ?
La sienne ne me plaisait pas. Pour faire bref, ils ont peut-être choisi de partir tôt car ils voulaient revenir tôt, peut-être qu’ils ont d’autres projets derrière. Ils avaient 500 milles d’avance à l’Equateur, on espère bien en avoir 600 milles. Notre cellule météo n’a pas jugé la situation idéale, notamment lors de l’approche de Sainte-Hélène. Et quand je vois qu’ils descendent en longeant les côtes sud-américaines…
Vous êtes en code mode Trophée Jules-Verne depuis jeudi. Justement cette attente n’est-elle pas trop dure à supporter ?
Je fais confiance à ma cellule météo, c’est peut-être ce qui se fait de mieux. Il n’y a pas péril en la demeure, il ne faut surtout pas s’emballer. L’objectif c’est pas d’aller au Pot au Noir en 6 jours, il faut essayer d’avoir une vision à 7-8 jours. Mais on n’est jamais dans l’objectivité à 100 %. Mais c’est vrai qu’à un moment donné on a envie d’y aller. Remarquez qu’avec la Route de la Découverte puis le record de l’Atlantique nord, on a déjà donné en terme d’attente, on a déjà passé des journées entières à regarder les fichiers météos.
L’objectif c’est de descendre sous la barre des 50 jours ?
L’objectif c’est de battre le record ! (N.D.L.R. 50 jours 16 h 20 mn 04 s) Alors forcément ça se jouera autour de 50 jours mais quand tu vois la situation pour rentrer dans le sud, faire des plans sur la comète c’est n’importe quoi. Si on a la même météo qu’Orange 2 (détenteur du record), on peut leur gratter deux ou trois jours. Le but c’est d’abord de bien gérer son bateau et de le ramener.
Pascal, avouez que vous êtes fier de bientôt partir autour du monde à la barre d’un tel bateau.
(on devine de l’émotion). Au départ c’était un doux rêve. J’étais ravi de partir sur un tel projet, à partir d’une page blanche. Et aujourd’hui, je me dis qu’avec Ronan (Lucas, le Directeur technique du Team Banque Populaire) on a fait du bon boulot depuis 2006. Je suis très fier que le groupe Banque Populaire nous ait confié ces responsabilités.
De la fierté et beaucoup d’émotions aussi depuis la mise à l’eau du bateau.
C’était la première fois qu’il sortait du hangar (fin août 2008), qu’on le découvrait avec du recul, qu’on voyait la gueule qu’il avait. Ce jour-là, je me suis dit que j’avais le plus beau jouet du monde, le plus beau bateau océanique. J’étais admiratif, pris par l’émotion. J’étais heureux de pouvoir partager cette émotion avec toute une équipe, avec tous ces gens qui avaient travaillé sur ce projet. Oui vraiment une grande fierté.
Et depuis, vous n’avez pas été déçu ?
La première navigation fut grandiose avec un final sur un patin, grandiose, extraordinaire. Le record de l’Atlantique (3 jours, 15 h 25 mn 48 s) a été parfait, le bateau, l’équipage, la gestion de la fenêtre météo. Et ce qui me frappe c’est que cela paraît tellement évident. Ce bateau est vraiment très bien mais je le savais. Sur l’Atlantique, on a vécu un truc parfait. Mais plus que le record, je trouve qu’en terme de performance les 908 milles bouclés en 24 heures (907,7 milles) c’est encore plus violent. 38 nœuds de moyenne, je trouve encore aujourd’hui que c’est hallucinant, presque indécent. Aujourd’hui encore je me dis : mince, c’est pas possible ! Quelques jours avant, on se disait encore quel serait le bateau qui dépasserait la barre fatidique des 800 milles.
Un mot sur l’équipage.
On sera treize à partir mais on a tourné à bord à 18 ou 19. Je suis très content de cet équipage, il n’a sûrement pas la notoriété de celui de Groupama 3 avec Lionel et Thomas (N.D.L.R. Lemonchois et Coville) mais en terme de compétence et d’esprit d’équipe, je n’ai aucun souci. C’est un groupe qui vit ensemble depuis des années, qui a envie et qui est totalement convaincu. Et ça c’est une valeur ajoutée.
L’équipage de Banque Populaire V. Pascal Bidégorry (skipper), Thierry Chabagny (barreur-régleur), Florent Chastel (numéro 1), Yann Eliès (chef de quart), Kévin Escoffier (barreur-régleur), Emmanuel Le Borgne (chef de quart), Ewel Le Clech (numéro 1), Ronan Lucas (numéro 1), Pierre-Yves Moreau (numéro 1), Yvan Ravussin (chef de quart), Xavier Revil (barreur-régleur), Erwan Tabarly (barreur-régleur), Marcel Van Triest (navigateur).
S’il avait fallu partir le 2 novembre, on était prêt. Mais on n’a pas encore vu une fenêtre météo top. Mercredi dernier, on a fait une sortie en mer grandeur nature, tout a été vérifié, jusqu’au moindre détail. On était sous grand’voile haute, toutes les manœuvres ont été faites, on a vraiment tout fait. Je pense qu’on a vraiment eu raison de faire ça. Et quand on est rentré, on se disait que ça tenait la route grave ! Ensuite, on sera moins emmerdé sur un tour du monde.
Un duel avec Groupama 3…
(il coupe) n’était pas à l’ordre du jour. Franck (Cammas) vit sa vie, il ne m’a pas téléphoné quand il a choisi de partir. Quand j’ai vu la météo du 5 novembre (veille du départ de Groupama 3), je ne me suis pas tapé sur le bide.
Mais quand on parle de bonne fenêtre météo, le grand public a du mal à comprendre pourquoi tous ne s’y engouffrent pas ?
La sienne ne me plaisait pas. Pour faire bref, ils ont peut-être choisi de partir tôt car ils voulaient revenir tôt, peut-être qu’ils ont d’autres projets derrière. Ils avaient 500 milles d’avance à l’Equateur, on espère bien en avoir 600 milles. Notre cellule météo n’a pas jugé la situation idéale, notamment lors de l’approche de Sainte-Hélène. Et quand je vois qu’ils descendent en longeant les côtes sud-américaines…
Vous êtes en code mode Trophée Jules-Verne depuis jeudi. Justement cette attente n’est-elle pas trop dure à supporter ?
Je fais confiance à ma cellule météo, c’est peut-être ce qui se fait de mieux. Il n’y a pas péril en la demeure, il ne faut surtout pas s’emballer. L’objectif c’est pas d’aller au Pot au Noir en 6 jours, il faut essayer d’avoir une vision à 7-8 jours. Mais on n’est jamais dans l’objectivité à 100 %. Mais c’est vrai qu’à un moment donné on a envie d’y aller. Remarquez qu’avec la Route de la Découverte puis le record de l’Atlantique nord, on a déjà donné en terme d’attente, on a déjà passé des journées entières à regarder les fichiers météos.
L’objectif c’est de descendre sous la barre des 50 jours ?
L’objectif c’est de battre le record ! (N.D.L.R. 50 jours 16 h 20 mn 04 s) Alors forcément ça se jouera autour de 50 jours mais quand tu vois la situation pour rentrer dans le sud, faire des plans sur la comète c’est n’importe quoi. Si on a la même météo qu’Orange 2 (détenteur du record), on peut leur gratter deux ou trois jours. Le but c’est d’abord de bien gérer son bateau et de le ramener.
Pascal, avouez que vous êtes fier de bientôt partir autour du monde à la barre d’un tel bateau.
(on devine de l’émotion). Au départ c’était un doux rêve. J’étais ravi de partir sur un tel projet, à partir d’une page blanche. Et aujourd’hui, je me dis qu’avec Ronan (Lucas, le Directeur technique du Team Banque Populaire) on a fait du bon boulot depuis 2006. Je suis très fier que le groupe Banque Populaire nous ait confié ces responsabilités.
De la fierté et beaucoup d’émotions aussi depuis la mise à l’eau du bateau.
C’était la première fois qu’il sortait du hangar (fin août 2008), qu’on le découvrait avec du recul, qu’on voyait la gueule qu’il avait. Ce jour-là, je me suis dit que j’avais le plus beau jouet du monde, le plus beau bateau océanique. J’étais admiratif, pris par l’émotion. J’étais heureux de pouvoir partager cette émotion avec toute une équipe, avec tous ces gens qui avaient travaillé sur ce projet. Oui vraiment une grande fierté.
Et depuis, vous n’avez pas été déçu ?
La première navigation fut grandiose avec un final sur un patin, grandiose, extraordinaire. Le record de l’Atlantique (3 jours, 15 h 25 mn 48 s) a été parfait, le bateau, l’équipage, la gestion de la fenêtre météo. Et ce qui me frappe c’est que cela paraît tellement évident. Ce bateau est vraiment très bien mais je le savais. Sur l’Atlantique, on a vécu un truc parfait. Mais plus que le record, je trouve qu’en terme de performance les 908 milles bouclés en 24 heures (907,7 milles) c’est encore plus violent. 38 nœuds de moyenne, je trouve encore aujourd’hui que c’est hallucinant, presque indécent. Aujourd’hui encore je me dis : mince, c’est pas possible ! Quelques jours avant, on se disait encore quel serait le bateau qui dépasserait la barre fatidique des 800 milles.
Un mot sur l’équipage.
On sera treize à partir mais on a tourné à bord à 18 ou 19. Je suis très content de cet équipage, il n’a sûrement pas la notoriété de celui de Groupama 3 avec Lionel et Thomas (N.D.L.R. Lemonchois et Coville) mais en terme de compétence et d’esprit d’équipe, je n’ai aucun souci. C’est un groupe qui vit ensemble depuis des années, qui a envie et qui est totalement convaincu. Et ça c’est une valeur ajoutée.
L’équipage de Banque Populaire V. Pascal Bidégorry (skipper), Thierry Chabagny (barreur-régleur), Florent Chastel (numéro 1), Yann Eliès (chef de quart), Kévin Escoffier (barreur-régleur), Emmanuel Le Borgne (chef de quart), Ewel Le Clech (numéro 1), Ronan Lucas (numéro 1), Pierre-Yves Moreau (numéro 1), Yvan Ravussin (chef de quart), Xavier Revil (barreur-régleur), Erwan Tabarly (barreur-régleur), Marcel Van Triest (navigateur).










