le 13 mai 2010

Les 111 équipages du Tresco ont pris le départ de la 27e édition, hier, en baie de Morlaix. Si les conditions étaient idéales pour le coup d'envoi, l'ascension vers Guernesey promettait d'être compliquée. Lente surtout...
Ça causait, hier, sur les pontons morlaisiens. Principal sujet de conversation, la météo à venir pour cette première étape, longue de 75 milles entre la cité du Viaduc et l'île anglo-normande.
«L'option terre n'a jamais marché»
- «Y'a de la pétole dans la nuit». - «Oui et surtout du près. Tu vas au large ou à terre?» Depuis que le Tresco existe, c'est l'éternel débat pour monter jusqu'à Guernesey, notamment quand le vent est pile dans l'axe. «Je crois que l'option terre n'a jamais marché», explique Philippe Quillec, skipper du X 43 «NaviOuest». Si la terre ne passe pas, reste le large. Ou la route directe. «Moi, je pense que ça passera juste en dessous de l'orthodromie, analyse le Brestois Michel Bothuon. Et s'il y a du petit temps, ça nous arrange bien».
Plein les mirettes
Pour le départ, hier en fin d'après-midi, il y avait du vent de nord-est 8-10 noeuds. Une mer plate et du soleil. Et franchement, la baie de Morlaix dans ces conditions-là, avec une flotte comme celle-là, c'est la plus belle baie au monde pour faire de la voile. Les 1.000 régatiers en ont pris pleine les mirettes. Les «Côtiers» et «Course» se sont élancés les premiers, bientôt suivis par les «Grande Course», «Course au large» et «Régate». Le tout orchestré par Jean-Gab' Le Cléac'h, président du comité de course. A Morlaix comme à Saint-Barth', les Le Cléac'h aiment être à l'heure.
La météo selon Mondon
Toute la flotte a mis le cap, au près, sur Guernesey. Voilà pour les premiers milles, agréables et ensoleillés. Mais après? A quelle sauce allaient-ils être mangés? Pour tenter d'y voir plus clair, on a interrogé un pro de la météo, en la personne de Sylvain Mondon (Météo France). Mondon, c'était le routeur de Franck Cammas et l'équipage du «Groupama 3» lors du Trophée Jules-Verne victorieux. On s'est dit qu'un type, qui était capable de faire passer un maxi-trimaran dans un trou de souris au cap Finisterre, puis de lui faire faire le tour du globe en 48 jours, devait être en mesure de guider 1.000 marins entre Morlaix et Guernesey.
Entre 0 et 4 noeuds...
Qu'a vu le sorcier sur ses fichiers météo? Qu'Eole était aux abonnés absents une bonne partie de la nuit: «Le vent de nord-nord-est va mollir entre 0 et 4 noeuds de secteur nord vers 23h - minuit. Jeudi matin, vers 10h, le vent devrait se rétablir au sud-ouest entre 2 et 6 noeuds. En supposant qu'aucun bateau n'arrive à passer avant l'établissement de la molle, il serait préférable de partir au large. Seule certitude, ça va être long. Heureusement, jeudi après-midi, un vent d'ouest-sud-ouest 10 noeuds devrait permettre aux retardataires d'arriver à Guernesey». Un vent faible, instable en force comme en direction, des températures très fraîches (entre 6° et 8°): aujourd'hui, il risque d'y en avoir des visages fatigués dans la marina Marina de Guernesey.
le 13 mai 2010
(Source : Le Télégramme)



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