le 9 novembre 2009

Hier après-midi au Havre, les 20 duos engagés dans la Transat Jacques Vabre ont pris le départ dans des conditions plutôt calmes. Hélas, après 4 h 45 de course, le vent est monté et le trimaran «Actual» dYves Le Blévec et Jean Le Cam a chaviré.
Transat française, mais départ à l'anglaise hier auHavre. C'est-à-dire non pas au près comme d'habitude mais à une allure portante. Ça en a surpris plus d'un mais, franchement, c'était agréable à regarder, surtout sous ce ciel d'automne.
Entre chien et loup, les éclaircies jouant à cache-cache avec de gros nuages bien gris qui menaçaient d'ouvrir les vannes. Si la mer était un peu houleuse, le vent, lui, était faible et instable, en force comme en direction, les deux flottes s'élançant dans des conditions différentes à trente minutes d'intervalle.
Tout en douceur
Honneur aux Multis 50 qui, dans un vent de sud-ouest 4-5 noeuds, n'ont pas pris un départ canon. On a compté: vingt secondes après le départ, «Crêpes Whaou!», pourtant le plus prompt, n'avait toujours pas coupé la ligne. Un empannage plus loin, le duo Escoffier-Le Roux était néanmoins le premier à mettre le cap sur la bouée Cardinale, mouillée à 3,8 milles de la ligne. Derrière, «Actual» (Le Blévec - Le Cam), «Guyader pour Urgence Climatique» (Erussard - Féquet) et «Prince de Bretagne» (Cléris - Dietsch) suivaient.
Mais le plan VPLP «Crêpes Whaou!» faisait déjà la différence dans les petits airs. Trente minutes plus tard, c'était au tour de la flotte Imoca de s'élancer dans un vent de sud, tournant sud-est 8-10 noeuds. Là encore, c'est au portant -sous spi pour certains, gennaker pour d'autres- que les concurrents ont entamé cette 9e édition. Difficile de dire qui fut le plus rapide sur la ligne mais vingt minutes après le départ, les deux plans Verdier, «Safran» et «Groupe Bel», se montraient très à l'aise. Mais ce n'était là que les trois premiers milles d'une transat qui en compte 4.700 pour les monos et 5.050 pour les multis.
Le marteau et la pioche
Et la suite ne s'annonce pas de tout repos pour les 40 marins. Si la sortie de Manche devrait être assez rapide et s'effectuer sur un seul bord grâce à un flux de nord-nord-est, à Ouessant, il va falloir faire des choix. Soit poursuivre à l'ouest mais il faudra sortir le marteau et la pioche. Soit plonger au sud, à ceci près qu'il y a un anticyclone qui barre la route.
Les multis penchaient pour le sud. Il y a fort à parier qu'il y aura aussi des monocoques à choisir le sud car, au nord, ça peut être très fort. Aujourd'hui, il ne serait donc pas surprenant de voir les cinq multicoques de 50 pieds mettre du sud dans leur route après Ouessant.
«C'est ouvert»
En revanche, que vont faire les monos? Sans dévoiler sa tactique, Roland Jourdain admettait que la situation n'était pas simple: «On sait qu'on va avoir du vent fort, de la mer mais tout va dépendre des positions des dépressions». Faut-il rentrer dans la dépression, la contourner par le sud ou par le nord?
«C'est ouvert et ça va être très stratégique», avouait Bilou, dont le «Veolia» affectionne le vent soutenu de face... «Les grandes options se dessineront mardi». Hélas, pour Le Blévec et Le Cam, la course s'est arrêtée prématurément. «Actual» à l'envers après cinq heures de course, c'est ce qui pouvait arriver de pire à la classe des Multis 50. Oui vraiment, un sale coup!
le 9 novembre 2009
(Source : Le Télégramme)



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