le 2 novembre 2009

Tenant du titre, Michel Desjoyeaux repart, dimanche, sur la Transat Jacques Vabre avec un nouvel équipier, le talentueux Jérémie Beyou. Pour un double expresso? «Oui et bien fort si possible.»
Desjoyeaux est surprenant. On le croit rassasié de victoires mais non, il en redemande. Mais au fait, pourquoi cette boulimie? «Mais, parce que tant que je m'amuse, je continue! J'aime ce que je fais, donc...» Donc, il revient au départ d'une course qu'il a remportée en 2007 avec une motivation de jeune premier. «Franchement, on ne va pas se plaindre. On dispute des courses intéressantes où on continue à apprendre des choses et, en plus, on découvre des endroits nouveaux comme le Costa Rica.»
«Jérémie, à toi de choisir... »
Contrairement à 2007 où il avait fait confiance à Manu Le Borgne, le skipper de ?Foncia? a, cette fois-ci, choisi d'embarquer Jérémie Beyou: «Manu a choisi d'aller naviguer sur un gros bateau (ndlr: le maxi-multicoque Banque Populaire 5).» Le même gros bateau sur lequel Jérémie Beyou était, lui aussi, engagé dans la perspective du Trophée Jules Verne. «J'ai proposé à Jérémie de disputer la Jacques Vabre à mes côtés. Il m'a alors dit que s'il venait avec moi, il devait dire non à Bidégorry. Là, j'ai été direct en lui disant: ?A toi de choisir, mais de choisir vite?. Jérémie n'a pas réfléchi pendant dix minutes.» A vrai dire, les deux hommes avaient, de toute façon, décidé de travailler ensemble. «Avant que je lui fasse cette proposition, Jérémie était venu nous voir à Mer Agitée (ndrl: écurie de course de Michel Desjoyeaux) et il avait tenu le discours suivant: ?Je sais faire de la voile, je veux participer au Vendée Globe 2012 et je pense que vous pouvez m'aider pour tout le reste?.» Le reste, c'est tout le savoir-faire de Mer Agitée aussi bien dans le domaine technologique que dans la gestion entre un skipper et ses partenaires. «Jérémie en veut, il n'attend pas que les choses lui tombent dans le bec sans rien faire. Il sait se remettre en question», explique le roi du solo.
«Je peux être chef mais aussi obéir»
Pour Beyou, déçu du Vendée Globe (abandon au Brésil), cette proposition tombait à pic. Après une très belle Solitaire du Figaro l'été dernier (deux victoires d'étape), Jérémie a donc accepté sans aucune difficulté de passer du statut de skipper à celui d'équipier: «Je peux être chef mais également obéir.» Le garçon possède une grande capacité d'adaptation aux hommes et aux machines. Il en faut pour passer d'un maxi-trimaran de 40 mètres emmené par 15 solides gaillards à un Figaro de 10m skippé en solitaire pour revenir à un 60 pieds Imoca mené en double avec un patron qui se nomme Desjoyeaux.
«J'apprends beaucoup avec lui»
«Dans la perspective du Vendée Globe 2012, c'était cohérent pour moi de participer au Tour de l'Europe en équipage, puis de disputer la Transat avec Michel. À ses côtés et avec son équipe très pro, j'apprends beaucoup.» Il apprend mais il devine aussi qu'au Costa Rica, toute place autre que la première serait décevante. «Michel est le tenant du titre, donc la pression est sur mes épaules, pas sur les siennes. Il y en a un autre qui me met la pression de façon amicale, c'est Manu Le Borgne. Va falloir que je sois à la hauteur.»
le 2 novembre 2009
(Source : Le Télégramme)



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