le 5 novembre 2009
Nicolas Hulot n’a pas tremblé. Du premier coup, la bouteille de champagne a éclaté sur l’ancre fixée à l’étrave de Guyader - Urgence Climatique. Le chantre de l’écologie n’a pas hésité une seconde lorsqu’il s’est agi de venir au Havre baptiser le multicoque de 50 pieds de Victrien Erussard, voisin malouin « que j’essaie d’initier au kite surf
et qui, de temps en temps, m’emmène faire un tour en baie de Saint-Malo sur son trimaran. »
Le seul plaisir de retrouver un marin « devenu un copain » n’a pas constitué la seule motivation au producteur réalisateur du Syndrome du Titanic. Sur la coque, dans sa grand-voile, le bateau porte le combat de l’homme du « Grenelle de l’Environnement », lequel se prépare encore à ferrailler dur au sommet de Copenhague. Force symbolique du geste, au moment où la Transat Jacques Vabre se prépare à s’élancer vers le Costa-Rica, « pays très engagé sur ces sujets-là, qui inscrit ces notions dans sa constitution, avec un Président de la République qui a supprimé son armée et déclaré la paix à la nature, en montant toute une économie autour de la déforestation évitée. Ce pays est très en pointe, très riche en termes de biodiversité et de puits de carbone, tout cela a donc un sens. »
De son côté, le navigateur ne se contente pas de surfer la vague de la mode environnementale. Marin de commerce de formation, officier de marine marchande, il a pu constater de visu, au cours de ses pérégrinations au long cours, les conséquences du réchauffement climatique avant d’épouser la cause : « Quand je naviguais sur un paquebot de croisière, on est descendus par 70 degrés Sud, résume-t-il. J’étais à la passerelle, et j’ai traîné pendant plusieurs mois avec des scientifiques et des naturalistes. Ils m’ont sensibilisé au cours de longues nuits de discussions. Dans l’Antarctique, en Terre de Feu, dans les fjords chiliens, on a vu les glaciers qui se réduisaient considérablement par rapport à ce que j’avais pu voir sur des photos vieilles de 50 ans. »
Plus tard, les visionnages du film d’Al Gore (Une Vérité qui Dérange), de celui de Leonardo Di Caprio (La Onzième Heure), et de celui de Nicolas Hulot plus récemment, l’ont convaincu de porter le message par-delà les océans, « pour soutenir les onze ONG françaises qui mettent en place l’ultimatum climatique et veulent faire pression sur Copenhague 2009 ». Ironie du sort, la prise de conscience s’est faite en 2004-2005. En plein Vendée Globe, où Erussard a d’ailleurs vu passer au cap Horn Jean Le Cam, alors à bord de son monocoque Bonduelle. Le déclenchement de sa vocation de coureur hauturier. Accompagnée du déclic citoyen. Coup double. « Un échange à bénéfice réciproque », comme le décrit Nicolas Hulot.
le 5 novembre 2009
(Source : www.jacques-vabre.com )



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