le 3 mai 2010

partis quant à eux dans le "grand" Sud, rarement le champ des possibles n'aura été aussi vaste. Touchés par une nuit difficile, les partisans d'une route un peu plus directe ont toujours les faveurs du classement ce matin, Joseph Brault et Antoine Koch (Gaspé 7) pointant en tête devant Yann Eliès et Jérémie Beyou (Generali - Europ Assistance) et Adrien Hardy et Stanislas Maslard (Agir Recouvrement).
Il est des nuits plus difficiles à traverser que d'autres et les voix des marins actuellement sur le podium de la Transat AG2R LA MONDIALE s'accordaient toutes à classer celle qu'ils étaient entrain de vivre parmi les plus exigeantes. Depuis hier soir, le régime de vent auquel les concurrents de tête étaient soumis s'est encore dégradé, laissant place à une succession de grains sans vent venant contrarier leur progression. Dans ce type de conditions, une adaptation à l'imprévisible est de mise à chaque instant. Les surfaces de voile jouent la négociation, le spi alternant avec le génois pour ne rien perdre des plus précieux des petits airs. A la faveur de cette nuit dont la pleine Lune ne suffit pas à éclairer les esprits et l'avenir des uns et des autres, le duo Joseph Brault-Antoine Koch a pris le commandement des opérations en jouant une trajectoire centriste ces derniers jours... malgré lui? A bord de Gaspé 7 on confiait effectivement ce matin "naviguer à l'ancienne" depuis plusieurs jours, suite à des problèmes de téléphone satellite et se retrouver contraint à faire sa route sans se soucier des autres. Handicap certain côté météo, le fait de ne pas pouvoir recourir aux informations sur le positionnement de la flotte avait toutefois pour Antoine Koch le mérite de leur laisser une belle liberté de route. Complétant le podium de ce lundi matin, Yann Eliès et Jérémie Beyou et Adrien Hardy et Stanislas Maslard lisaient dans un avenir plus ou moins proche et paraissaient attribuer au prochain empannage déclenché par les sudistes la fin de leurs illusions. Embarqués sur une voie qui ne propose guère aujourd'hui de sortie évidente, les nordistes se font des cheveux mais ne perdent pas espoir et tentent une fuite vers le Sud Ouest.
Qui empannera le premier ?
Au Sud donc, les dernières indications laissaient à penser que les tandems bénéficiaient de conditions leur permettant d'allonger un peu la foulée et surtout de se trouver confortés dans leur idée de grand plongeon. L'heure n'était ce matin pas encore à l'empannage attendu par les observateurs tant on lui accorde les vertus d'un début de dénouement, mais à l'accentuation de la trajectoire. Quand ces duos mettront le clignotant vers Saint-Barth, il sera peut-être temps pour eux d'afficher quelques raisons de se réjouir. Reste à savoir qui osera être le premier à déclencher la manoeuvre, se risquant à un timing trop court peut-être. En attendant, d'un jour à l'autre, les espoirs passent du Nord au Sud, sans pour autant qu'une quelconque conclusion ne puisse en être tirée. Même si certaines façades semblent présenter un début de fissure, aucun ne s'avouera vaincu et c'est bien là tout le sel de cette Transat AG2R LA MONDIALE.
Au coeur de la course à bord d'Ocean Alchemist
La diagonale des fous
Tous attendent ! Tous descendent sur une diagonale Nord-Ouest / Sud-Est ! Pour combien de temps encore ? Comme si un immense silence régnait sur la flotte. Certains commencent à se tendre. Le claquement des voiles dans le Nord peut rendre fou comme le soulignait hier soir Richard Lédée. La recherche de la moindre risée use . On a le sentiment d’être dans la poignée de secondes avant le coup de feu du 100 mètres des Jeux Olympiques. Tous observent en continuant vers le Sud. Qui sera a le premier à tenter le « jibe », ce fameux empannage tant attendu qui mènera enfin la flotte vers Saint Barth ? Quand on sait que certains ont mis leur « way point » d’alerte à encore 130 milles dans le Sud, on se dit que les premiers craqueront dans la journée ; la tentation est trop forte.
Au Nord de la flotte, ils commencent à entrer, comme prévu, dans la zone sans vent qu’il va falloir traverser, cette zone où il va falloir chercher le moindre souffle d’air en avant du grain. Au Sud, l’Alizé s’installe tranquillement, 12 à 13 nœuds pour l’extrême Sud avec lequel nous nous trouvons. Nous sommes prêts, impatients même.
Cette dernière journée vers le Sud risque d’être longue, très longue.
le 3 mai 2010
(Source : http://transat.ag2rlamondiale.fr)



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