le 27 avril 2010

Après neuf jours de course entre Concarneau et Saint-Barth et une navigation rendue complexe par un casse-tête météo installé entre le Cap Finisterre et Lisbonne, le duo franco-britannique marque un premier avantage psychologique. Mais derrière, la succession des passages du fameux groupe des quatre - amputé de l'un des siens depuis hier après-midi - est venue rappeler qu'avec seulement dix milles d'avance, les leaders du moment ne bénéficient pas du confort d'un bon matelas...
Figure imposée pour les uns, porte de la délivrance pour d'autres, la marque canarienne de La Palma est venue hier soir sonner la fin de la première mi-temps de la Transat AG2R LA MONDIALE. A 22h21, les marins de Savéol y ont décroché les honneurs et pris l'ascendant dans cette bataille à couteaux tirés lancée entre Concarneau et Saint-Barth, refermant ainsi le volet d'une entrée en matière dont la complexité n'aura eu de cesse d'être rappelée par la flotte. A la faveur d'une option solitaire assumée dès le début, à mi-chemin entre les centristes et les partisans de l'Est et destinée à gagner très tôt dans le Sud, les deux tourtereaux ont démontré qu'ils avaient leur place autant en première ligne des palmarès sportifs que sur le papier glacé des magazines. Avec leur bonne humeur communicative, ces deux là ne boudaient pas leur plaisir en devançant la horde de gros bras à leurs trousses. Dix petits milles derrière, Brit Air, Banque Populaire et Cercle Vert - groupe des quatre malheureusement réduit à trois après la funeste rencontre de Groupe Bel avec une baleine hier après-midi - pouvaient eux aussi afficher la mine des grands jours en se succédant en quatre toutes petites minutes à la fameuse porte. Ouvrant le bal à 23h30, Armel Le Cléac'h et Fabien Delahaye (Brit Air) devançaient Jeanne Grégoire et Gérald Véniard (Banque Populaire) passés à 23h33 et Gildas Morvan et Bertrand de Broc (Cercle Vert), une minute plus tard.
Quelles options pour la suite ?
Autant dire qu'avec seulement dix milles entre les chasseurs et les leaders, le nouvel acte qui s'ouvre aujourd'hui à des allures de remise à zéro des compteurs. Un océan et les deux tiers du parcours long de 3 890 milles se présentent aujourd'hui devant les étraves des duos et les jeux sont loin d'être faits. Il était certes important de bien figurer à La Palma, mais avec une flotte au sein de laquelle les dix premiers peuvent encore jouer les premiers rôles, le scénario est loin d'avoir livré son dénouement. Plusieurs questions vont à présent occuper les esprits et notamment celle concernant l'avenir du solide trio des partisans du positionnement central sur la descente. Ceux-là vont-ils poursuivre leur trajectoire commune et ferrailler au contact jusqu'à la ligne d'arrivée à Gustavia ou s'en aller chacun vers leur stratégie ? Plus généralement, quels choix se présenteront à l'ensemble de la flotte dans les heures à venir ? Entre le parti de ceux qui "feront la route" et ceux qui pourraient investir dans le Sud, une autre alternative se présentera-t-elle? L'avenir est riche de ces réponses et le suspense devrait nous maintenir en haleine sur la route des Alizés...
le 27 avril 2010
(Source : http://transat.ag2rlamondiale.fr)



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