le 5 mai 2010

ne faisant finalement pas parler la poudre. Au centre, on se maintient encore au classement et on continue à faire mentir les lois de la logique... pour combien de temps ? Mais ce matin, la principale actualité est à mettre au crédit des hommes de Cercle Vert, Gildas Morvan et Bertrand de Broc prenant la tête des opérations devant Joseph Brault et Antoine Koch (Gaspé 7) et Adrien Hardy et Stanislas Maslard (Agir Recouvrement).
Depuis plusieurs jours, la réalité et les routages divergeaient, plongeant les observateurs dans une certaine perplexité. Ainsi, les centristes, menés par Joseph Brault et Antoine Koch, conservaient-ils contre toute attente des conditions leur permettant de se maintenir dans le groupe de tête. Les sudistes quant à eux s'apprêtaient à récolter les fruits de leur investissement et la justification des sacrifices consentis par rapport à la route vers Saint-Barth pendant de longs milles. Aujourd'hui, sans aller jusqu'à dire que les choses rentrent dans un certain ordre, les classements se mettent à refléter une réalité plus palpable. De retour à un cap et des vitesses de rapprochement significatifs, les partisans de la tendance sudiste décrochent les faveurs du pointage, Gildas Morvan et Bertrand de Broc se hissant sur la plus haute marche. Bénéficiant de vents oscillants entre 15 et 18 noeuds et d'une mer plus aplatie que les jours derniers, les nouveaux leaders ne boudent pas leur plaisir d'apparaître ce matin dans une position affirmée mais pas tranchée, leur gardant ainsi la possibilité de jouer les placements sur la route et par rapport aux phénomènes jusqu'au bout. Avec maintenant 50 milles de décalage en latéral, le groupe des quatre - Cercle Vert, Brit Air, Savéol et Banque Populaire - apparaît bien placé pour faire son retour aux avant-postes et affichait ce matin un soulagement lié au recalage dans leur sillage de Nicolas Lunven et Jean Le Cam. Le tandem de Generali n'a en effet sans doute pas récolté autant qu'envisagé en s'engageant sur la route la plus au Sud. Positionnés maintenant sur une trajectoire identique à celle de ceux qu'ils espéraient laisser derrière à l'occasion de leur retour, les deux hommes vont désormais jouer les embusqués. Même relégués à plusieurs dizaines de milles dans le tableau arrière, Nicolas Lunven et Jean Le Cam restent toujours une menace. Devant on peut donc souffler... mais pas trop non plus !
Pas d'encaissement pour les extrêmes
Au centre et au Nord, les vitesses se situent toujours dans la fourchette basse et les longues heures passées bloqués sous une bulle ont même permis à Adrien Hardy et Stanislas Maslard de prendre un bain et de se laver. Des plaisirs simples qui doivent avoir en ces temps incertains une valeur énorme et un réel impact sur le moral. Mais au delà de l'anecdote hygiénique, la course ne perd évidemment pas ses droits, bien au contraire. A partir de maintenant, ces marins centristes et nordistes vont passer maîtres dans l'art du tricot, jouant à gagner doucement mais sûrement une voie qui leur permettra de maintenir une faiblesse dans les écarts et surtout de se ménager un meilleur angle d'attaque pour arriver à Saint-Barth. Autant dire que le sprint final est lancé et qu'il devrait définitivement prendre des allures de guerre des nerfs. Qui s'en plaindra ?
Au coeur de la course à bord de Ocean Alchemist
De l’eau, de l’air, la vie !
22h40, enfin le soleil s’est couché. La nuit va peu à peu s’installer et curieusement à bord de la flotte et d’Alchemist, les êtres vont de nouveau s’agiter. Par les capots ouverts, on ressent la fraîcheur. A la barre, les marins relèvent la tête. Terminé pour la nuit le chapeau, les lunettes, la crème solaire indispensable qui colle à la peau. Malheureusement, la Lune se fait de plus en plus attendre, le début de nuit est sombre et tenir son spi et son cap ne sont pas choses faciles.
Malgré tout, ce n’est que du plaisir et du gain dans l’Ouest pour les plus au Sud. Le skipper hors quart peut enfin dîner, la chaleur diminuant l’appétit revient et il sait qu’il pourra aussi goûter au repos du marin bien mérité. Il profite de ces heures de sommeil au frais, où il pourra pleinement récupérer. Finis les 40 degrés, étouffants, harassants, il sait qu’il doit profiter de l’instant, de cet instant seulement car ce matin, le roi Soleil reprend ses droits et dès 9h40 il nous assommera.
le 5 mai 2010
(Source : http://transat.ag2rlamondiale.fr)



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