le 23 octobre 2009

Thomas Ruyant (Faber France) a remporté la Transat 6.50, hier matin, à Salvador de Bahia (Brésil). Le Dunkerquois, 28 ans, succède au palmarès à Yves Le Blévec. Le Briochin Bertrand Delesne (2e) et le Douarneniste Henry-Paul Schipman (3e) complètent ce joli podium.
Thomas Ruyant n'a pas craqué. En tête depuis le passage du Pot au Noir, il a réussi une deuxième étape quasi parfaite. Il a même poussé le professionnalisme jusqu'à franchir la ligne d'arrivée dans le jour naissant de Salvador. Dans la Baie de Tous les Saints, il a eu le temps de se remémorer cette longue quête vers son graal. Deux ans de travail, de sacrifices avec cet aboutissement glorieux au Brésil.
«La plus dure»
Pas facile pourtant de partir avec une grosse pancarte dans le dos. Certes, le skipper originaire de Malo-les-Bains n'était pas «LE» favori, mais l'un des deux ou trois grands favoris. Une situation qui aurait pu le stresser un peu plus encore au moment de s'élancer de LaRochelle. «Non, c'était une pression positive. Elle était la preuve que tout le travail fait en amont avait été bien fait». Une première étape prudente (3e à Madère à 3 h 35' du vainqueur Delesne et à 41' 43'' de Schipman, 2e), sans jamais donner le maximum - «Je ne voulais surtout pas casser» - et une seconde à fond: «La plus dure parce que la plus longue. Traverser l'Atlantique sur ces cagettes, ce n'est pas aisé. Mais, il est évident que d'avoir déjà disputé la transat m'a servi (23e en 2007). Une Mini, c'est tout un ensemble de choses où le bateau et le skipper sont toujours en phase».
«Le bonhomme s'est mis dans le rouge»
Et le jeune nordiste, qui a découvert la voile sur le bateau familial, de reconnaître qu'il a aussi vécu des moments difficiles: «Le bonhomme s'est mis dans le rouge, mais il n'a jamais mis son bateau dans le rouge. Je l'ai ménagé. Je lui ai parlé tous les jours». A l'arrivée, son «Faber France», un plan Finot-Conq de 2006 racheté à Isabelle Joschke (ndlr: la Franco-Allemande avait remporté la première étape en 2007) est nickel. On le croirait revenu d'une sortie en baie de Quiberon. Déjà pas épais habituellement, le Dunkerquois a encore laissé quelques kilos en route. A-t-il connu des moments de doute? «Des doutes non, mais je me suis interrogé tout le temps. Où dois-je aller? A quel moment faut-il empanner? Où sont mes adversaires? Tu ne penses qu'à ça».
La différence dans le Pot
Ses choix se sont avérés être les bons. Comme le fait de traverser le Pot au Noir au sud, quand la plupart de ses rivaux partaient soit à l'ouest, soit à l'est: «Dans cet endroit, tu n'es sûr de rien. J'avais pris l'option de suivre au plus près la route directe. Mais, même sous les grains, je mettais le spi. J'ai énormément passé de temps à la barre en me disant qu'une fois sorti de ce piège, je pourrai prendre un peu de repos. Je pense que c'est là que j'ai gagné la course».
Du Figaro en 2010?
Puis dans les alizés, il a repris la barre. Beaucoup. Et son mini, a priori moins rapide au reaching que les plans Manuard de Delesne et Le Diraison, a tenu la comparaison. «Je savais que j'étais devant mais je ne savais pas où en étaient les autres. Sur la fin, j'ai pas mal angoissé». Hier, il était enfin libéré. Tout en pensant déjà à son avenir: «Dans la vie, je suis comme sur l'eau: j'anticipe. Mon avenir, j'y pense depuis longtemps déjà. Il devrait se situer dans la classe Figaro».
le 23 octobre 2009
(Source : Le Télégramme)



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