"Je suis arrivé en France en 2005 pour naviguer professionnellement » dit-il. Et cet architecte naval va, en effet, enchaîner les expériences comme assistant sur un sloop de 40m (le Kokomo), sur un ketch de 28m (le Catalyst) et plus récemment sur un Orma 60 (le skywalter).
« J’ai beaucoup appris lors de ces rencontres. J’ai acquis de la dextérité mais également pas mal de choses sur la conduite à suivre pour me lancer dans ce projet de courir la Charente-Maritime / Bahia Transat 6,50. »
Car Simon est un navigateur dans l’âme. Toute sa jeunesse il l’a quasiment passée sur l’eau : « Dès l’âge de 11 ans, je naviguais sur des dinghies. »Et à 24 ans donc, il compte déjà deux traversées de l’Atlantique et une de l’Océan Indien. Ainsi aller de La Rochelle à Salvador de Bahia ne l’angoisse pas plus que cela.
Certes, il est en train de découvrir ce qu’est une transatlantique en solitaire. Rien à voir avec ce qu’il a déjà vécu. Mais comme il le dit : « Le solo est le dernier challenge de la navigation. Il faut savoir préparer son mini pour une si longue traversée. Apprendre à gérer son sommeil, la nourriture. Puis se positionner en fonction des conditions climatiques et des adversaires.»
Il a obliqué vers le mini pour deux raisons essentielles. La première ? « J’ai été marqué par les exploits de Chris Sayer. » La seconde ? Le mini est la seule classe qui permet à moindre coût de s’offrir ce challenge. Aussi Simon a-t-il acheté en 2008 un Pogo 2, plan Finot de 2005, construit pour Ignacio Alonso.
L’Australien a tout de suite démontré ses qualités de marin. Trois fois deuxième de la San Remo Mini Solo, de Marseille-Alger et retour et du Festival des Deux Océans, avec entre temps sa qualification des 1000 milles effectuée en avril, il s’est fait, très vite, sa place dans la catégorie.
Cette saison il a également enchaîné les bons résultats, 5e du MAP et vainqueur de la San Remo Mini Solo et des Empuries. Le 1er septembre, McGoldrick pointait à une belle 9e place au classement des « mini » en série. C’est pourquoi, il reconnaissait avant de larguer les amarres : « Je pars pour finir dans le top dix. »
Vingt et unième de la première étape, après s’être fait une grosse frayeur quand son bateau a été attaqué par un requin en pleine pétole, il pointait hier dans les quinze premiers avant d’entrer dans le trop fameux Pot au Noir et ses pièges indécis. Mais c’est ce qu’était venu chercher McGolding : « En solo tu dois maîtriser toutes les bases nécessaires pour traverser. Tu as l’entière responsabilité de ta destinée. »
Aussi, Simon s’était préparé physiquement, psychologiquement et matériellement. Il le dit : « C’est une expérience prenante. Ma vie tourne autour de cette transat depuis deux ans. Tu n’as pas le temps de t’ennuyer. Un pareil défi requiert une préparation méticuleuse du bateau, de ton esprit et de ton corps. »
Le tout assorti d’une grande force de caractère. Simon le confesse : « Il faut de la détermination pour s’attaquer à chaque obstacle qui peut surgir au cours de la traversée. »
Et des obstacles, il en a connu jusqu’ici (le requin n’était pas prévu) et il en connaîtra d’autres jusqu’à Bahia.