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By PLAVEB

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Transat 6.50 : Réflexions...

le 22 septembre 2009

Transat 6.50Olivier Avram a vécu une première étape de la Charente Maritime/Bahia Transat 6,50 avec un grand détachement. Contraint de rentrer au port dès le départ pour réparer son tangon, le skipper de cap Monde 2 savait en repartant qu'il ne tiendrait pas son objectif, jouer la gagne à Funchal.

 Il s'est pourtant "arraché" pour reprendre le plus grand nombre possible de concurrents, et limiter les dégâts dans la perspective de la grande traversée à venir. Acteur donc de sa propre course, il était aussi l'observateur privilégié du combat des chefs en cours plus de 300 milles devant son étrave. Réflexions...

Lobato le roc
"Sa performance ne me surprend pas. C'est un roc. Bien sûr, c'est un bon marin car "bon sang ne saurait mentir", et son grand père n'est il pas amiral. Mais il est surtout très fort mentalement, hyper structuré intellectuellement et armé d'une énorme motivation. J'ai davantage été surpris par son avance à l'arrivée, plus de 22 heures, du jamais vu sur cette Transat. Qu'il soit allé très vite pour sortir du Golfe de Gascogne s'explique par les conditions de vent portatif. Mais il est aussi allé très vite lorsque le vent est tombé. C'est là chose plus surprenante. Il me rappelle un certain Laurent Bourgnon, 2ème en 1987... sur un coco Harlé."

Proto fragile?
"La grande interrogation qui résulte de cette première étape réside dans l'interprétation des scénario proposés par le comportement des prototypes et les performances de Lobato. Je me refuse à réduire cette étape à un simple affrontement entre un Série "solide dans la brise et qui tient la toile plus longtemps tandis que les "fragiles" protos calment le jeu pour ne pas exploser. Ce serait réducteur pour Lobato qui a véritablement été "énorme", et surtout, ce serait ignorer un paramètre bien humain qui est le stress extraordinaire engendré par la vitesse des protos en surf dans la brise. J'en veux pour preuve ma propre expérience. Alors que je naviguais au large du Portugal, dans un vent pourtant déjà plus faible que celui rencontré par mes prédécesseurs, mon bateau est parti dans des séries de surfs interminables, avec des accélérations effrayantes à 17 ou 18 noeuds, le bateau calé sur son bouchain, et ce bruit épouvantables quand le carbone se met en résonance. Il en résulte une montée de stress, que dis je, de peur, de trouille comme jamais je n'avais ressenti en bateau. Michel Desjoyeaux raconte que c'est son expérience en multicoque de 60 pieds qui lui a permis de maîtriser ce stress et quelque part, de gagner son second Vendée Globe. Les protos sont de solides bateaux, avec certes, des éléments de fragilité dans les mâts, les appendices, tangon ou dérives relevables. Mais la peur qui contraint le marin à réduire provient d'abord de la vitesse. Je veux ensuite relativiser certains propos ; marcher à 60% du potentiel du bateau et "claquer" le record de distance parcourue en 24 heures ne me semble pas compatible. On réduit à cause de cette peur et aussi de l'état de la mer, très cassante au large du Portugal, remontées de fonds marins oblige, et qui empêche souvent de porter la toile du vent."

Une première étape "avec filet"
"Le parcours La Charente Maritime-Madère n'impose pas véritablement au solitaire le stress et l'angoisse de se trouver seul au monde, à cause des multiples possibilités qu'il existe de rejoindre facilement et rapidement un hâvre pour réparer ou se mettre à l'abri. La route de Bahia, passées les Canaries est un désert quasiment vierge où l'on se trouve véritablement seul face à soi même. C'est un état d'esprit différent qui explique qu'il existe réellement deux courses dans cette épreuve. La première étape est un peu un galop d'entraînement, un grand saut "avec filet". Le départ de Funchal, comme chaque départ de second étape, est empreint d'une émotion incroyable. Les coureurs se retrouvent entre eux à quelques instants du départ, et savent qu'ils partent pour quelque chose de grand, de sérieux, sans rémission possible. C'est la grandeur de cette course, c'est cette émotion qui forge la légende et la confrérie des "Ministes". Pour le marin, c'est le test ultime, face à lui même, sans possibilité de faire illusion. Sportivement, ce sera plus riche, avec des allures plus variées, des mers moins casse-bateaux, plus régulières et des navigateurs livrés corps et âme à la grande expérience intérieure qu'est le large en solitaire."

 le 22 septembre 2009
 (Source : http://www.transat650.org )

 
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