le 30 septembre 2009

Au Portugal, le football est le sport roi. La voile en revanche... Né à Lisbonne le 8octobre 1984, Francisco n'a pas eu à choisir. Lui, il est né sur un bateau, celui de ses parents sur lequel il a tout appris. «Ensuite, j'ai suivi une filière classique: Optimist avec mon premier championnat à 11 ans, puis du dériveur». Du 420 et du Laser notamment, ce qui le mènera à une préparation olympique pour les J.O d'Athènes.
«Je reviendrai...»
Entre trois bouées, le garçon est à l'aise. Mais il a envie de large. De navigation en solitaire. Et de solitude surtout. Alors, va pour le 6.50, dont la taille correspond à son budget. Très vite, il se taille une belle réputation et un beau palmarès sur le circuit mini. Le jeune homme en veut. Il veut surtout gagner la Transat 6.50. Premier essai en 2007. Mais la casse s'en mêle. Seulement 9e à Bahia. Pas top pour quelqu'un qui avait l'étiquette de grandissime favori collée sur le tableau arrière de son Pogo. «Je reviendrai», lâche-t-il dans la nuit brésilienne... Il revient en 2009. Plus motivé que jamais. Plus assagi. Croit-on...
«J'ai navigué à mon rythme»
La suite, on la connaît: des conditions musclées dans le golfe de Gascogne et le voilà en tête au cap Finisterre. Seul le proto de Bertrand Delesne devancera son Pogo 2 à Funchal. Sa performance a marqué les esprits. Francisco, lui, s'en amuse. «On me dit que j'ai attaqué trop fort, mais ce n'est pas vrai. Je connais très bien mon bateau. J'ai navigué à mon rythme en étant persuadé que les protos étaient 80 milles devant moi. Deux jours après le départ, en écoutant le classement, j'ai su que j'étais devant avec eux. Mais j'étais bien, pas fatigué, donc j'ai continué». A bord, il ne déplore aucun départ au lof, pas le moindre vrac, très peu d'enfournement. Même au cap Finisterre, où la mer commence à déferler méchamment, où les vagues menacent le tableau arrière, il ne panique pas. Sous grand-voile à trois ris et solent, il va dormir. Il est ainsi Francisco. Calme. Serein.
Vingt-deux heures d'avance
Mais son coup d'éclat, chez lui à Madère, c'est déjà du passé. Il reste encore les trois-quarts du parcours à avaler. Et, avec 22heures d'avance sur le deuxième, il a pratiquement tué le suspense. «Je ne vais pas avoir besoin d'attaquer aussi fort mais quand je suis en course, il faut aussi avoir du plaisir, donc cela implique de tirer un peu sur le bateau. Ceci dit, prudence car l'objectif, c'est la victoire au Brésil». Victorieux l'année dernière de la course Les Sables - Les Açores, où dans des conditions ventées, il avait également laissé derrière lui les protos, le skipper de «Roff Tmn» a, pour l'instant, confirmé son rôle de grand favori en Série. Reste maintenant à enfoncer le clou entre Funchal et Salvador de Bahia avant de penser à la suite de sa carrière. Probablement sur le circuit Figaro. «C'est mon rêve d'y aller».
le 30 septembre 2009
(Source : http://www.transat650.org )



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