Tour de France (Dunkerque). Un équipage omanais sur les rangs

Présent sur le Tour de France pour la deuxième année consécutive, «Bae Systems» porte les couleurs du Sultanat d'Oman et s'apprête à mixer cultures et compétences pendant un mois.
En quête d'une redécouverte de leur histoire et leur image maritime, les autorités du Sultanat confiaient, à la fin de l'année 2008, à Oman Sail l'initiation des jeunes écoliers à la voile et la formation de marins professionnels, étalant leur ambition de devenir une nation nautique de référence sur une décennie. Depuis, les couleurs de ce pays, tourné vers la mer, n'ont eu de cesse de fleurir sur les circuits les plus variés, de la course au large, avec le maxi-trimaran confié à Sydney Gavignet sur la dernière Route du Rhum - La Banque Postale, à l'engagement de deux Extrêmes 40 en Europe et en Asie, en passant par une participation en 2010 au Tour de France. Convaincu du bien fondé de cette école de l'équipage, de la régate et de la vie, c'est avec le soutien de «Bae Systems», une compagnie globale de défense et de sécurité, que les descendants de Sinbad ont remis le cap sur Dunkerque. L'année passée, l'équipage composé essentiellement de marins étrangers au Sultanat avait accroché une belle cinquième place au classement général final.
Footballeur devenu marin
En 2011, c'est avec une feuille de match affichant une égalité parfaite entre coureurs omanais et recrues «externes» qu'ils alignent sur la grande boucle. Ainsi, sur les quatorze navigants au total, ils seront sept à représenter leur pavillon d'origine. Footballeur ou pêcheur il y a encore quelques mois, ils sont aujourd'hui navigants à part entière et de purs produits de l'école de Voile Oman Sail. Sous la houlette du Rochelais Cédric Pouligny, leur skipper, les jeunes «apprentis» sont certes là pour faire leurs gammes au contact des plus fines lames de la série, mais également pour tracer leur propre sillage: «Ils ont tous les sept un niveau assez homogène et ont beaucoup progressé. On arrive à faire des choses bien en manoeuvres, surtout sur les parcours techniques sur lesquels on est compétitifs. Sur les ralliements, ça risque de pécher un peu plus parce qu'ils ont moins d'expérience. Mais ça va dans le bon sens». Avec deux J80 100% omanais engagés sur la dernière édition du Grand Prix de l'Ecole Navale, ils avaient déjà eu l'occasion d'accéder à l'autonomie. Cette nouvelle participation au Tour doit leur permettre d'imposer une réelle légitimité. Avec une victoire sur le Grand Prix Guyader à Douarnenez et une cinquième place auHavre sur la Normandy Sailing Week, ils ont démontré que les bases étaient là. Reste maintenant à trouver le bon dosage au sein d'un collectif mixant cultures et expériences.
le 27 juin 2011
(Source : Le Télégramme)



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