le 29 septembre 2010

La 9e édition de la Route du Rhum a été présentée, hier à Paris, au musée du quai Branly en présence des 86 skippers engagés. Le 31 octobre prochain à Saint-Malo, il y aura du monde et du beau à mettre le cap sur la Guadeloupe.
>> Route du Rhum, site officiel
A quoi ça tient le succès d'une course? Aux marins qui la disputent bien sûr. A leurs engins aussi, surtout s'ils semblent démesurés pour le commun des mortels. Ça tient évidemment aux scénarii. Admettons qu'un cow-boy canadien nommé Birch, chevauchant un petit trimaran jaune qui scalpe le grand monocoque de Michel Malinovsky de 98 secondes aux Antilles, c'était pas mal pour un début.
Le Rhum à «Flo»
Ajoutez-y une dose de mystère et d'émotion avec la disparition du «Manureva» d'Alain Colas, puis celle de Loïc Caradec après le chavirage de son catamaran de 26 mètres «Royale», et la légende se met en marche. Pour saupoudrer le tout, mettez-y une pincée de douceur avec ce Rhum à «Flo» en 1990 et la victoire de Florence Arthaud, la «petite fiancée de l'Atlantique». Enfin, versez une rafale de mauvais temps en 2002, qui enverra les trimarans Orma en enfer (18 au départ, 3 à l'arrivée) et vous comprenez pourquoi cette course mérite définitivement son nom de «reine des transats».
L'autoroute du Rhum
Comme tous les grands événements sportifs de la planète, la Route du Rhum se déroule tous les quatre ans. La dernière, c'était en 2006 et Lionel Lemonchois avait inauguré l'autoroute du Rhum. Qui aurait cru, qu'un jour, un skipper pourrait rallier Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en seulement 7 jours et 17h? Personne et surtout pas Mike Birch qui avait mis 23 jours et 6h. En l'espace de 28 ans, les hommes et les machines ont divisé l'espace-temps de plus d'un tiers. Et ce n'est probablement pas fini. Bien entendu, dame nature n'en fera toujours qu'à sa tête et sa fille, miss météo, aura le dernier mot mais avec la décision prise par les organisateurs, notre petit doigt nous dit que le Rhum risque d'être avalé de plus en plus rapidement.
Sans limite de taille
En effet, la société Pen Duick a eu la bonne idée de revenir à l'esprit et au concept d'origine de la course. A savoir, rouvrir l'épreuve aux grands multicoques, sans limite de taille. C'est ainsi qu'on verra sur une même ligne de départ des géants menés par de petits bonshommes. Dans le rôle de David à bord de Goliath, citons Franck Cammas (1,70m pour 63kg) qui mènera seul son immense «Groupama 3» (32m de long, 23m de large, 16 tonnes). Face à lui, dans cette catégorie Ultime, Thomas Coville et Francis Joyon, tourdumondistes très expérimentés, sont les mieux armés. Attention aussi à Yann Guichard qui a boosté son «Gitana 11», lauréat en 2006.
Desjoyeaux, Monlouis et les autres
Autre catégorie sous les feux des projecteurs, celle des monocoques de 60 pieds. Des unités neuves, des plateformes optimisées, les meilleurs cavaliers français: avec le professeur Desjoyeaux, le «Chacal» Le Cléach, Jourdain, Riou, Guillemot, Pavant, Boissières, Pratt, ça sent la poudre. Plus sages que les «Ultime», les Multi50 promettent néanmoins un beau spectacle, notamment avec le trio Escoffier, Le Blévec et Lemonchois. Quant aux 40 pieds, ils symbolisent à eux seuls toute la magie du Rhum: sur les 46 engagés, on trouve des pros, des amateurs éclairés et des rêveurs. Ils ont 25 ou 60 ans, sont journaliste, retraité, urgentiste, chirurgien, ébéniste. Enfin, un Rhum sans marin antillais ne serait pas un beau Rhum. A 48 ans, Christine Monlouis, domiciliée à La Désirade, n'a qu'un objectif: devenir la première guadeloupéenne à franchir la ligne d'arrivée, chez elle, à Pointe-à-Pitre.
le 29 septembre 2010
(Source : Le Télégramme)



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