le 11 décembre 2009

Après la perte de son bateau dans le Vendée Globe, Jean Le Cam espérait un jugement favorable contre les courtiers d'assurance. Hier, le Tribunal de Commerce de Paris l'a débouté.
le 11 décembre 2009

Après la perte de son bateau dans le Vendée Globe, Jean Le Cam espérait un jugement favorable contre les courtiers d'assurance. Hier, le Tribunal de Commerce de Paris l'a débouté.
Dans les allées du Nautic, Jean Le Cam se promène de stand en stand. Très sollicité, il va là où on l'invite pour dédicacer son livre «Jean Le Cam, toutes voiles dehors». Un titre un peu fade. On aurait préféré «Yes, we Cam». Ou plutôt «Le Cam après la tempête». Un titre qui colle mieux à sa réalité. Souvenez-vous: Vendée Globe, début janvier. Son monocoque rose aux couleurs de «VM Matériaux» chavire au large du cap Horn. Le bulbe de quille a disparu. Coque retournée, Jean Le Cam attend les secours. Vincent Riou va le tirer d'affaire. Hélas, lors de l'opération de sauvetage, «PRB» s'abîme. Il démâtera quelques heures plus tard. Pour les deux marins sud-finistériens, le Vendée Globe s'arrête là. Prématurément. Injustement pour certains malgré un reclassement de Riou à la 3e place par le jury.
Perte totale reconnue
Mais le patron de la société vendéenne «PRB» ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui, la pilule ne passe pas. La casse du mât, la perte des voiles, le rapatriement, le manque de retombées, etc: il estime la facture totale à 750.000euros. Or, ces avaries ne sont pas prises en charge par l'assureur du bateau qui ne couvre que la perte totale. Dès lors, il décide d'entamer une procédure juridique de «recherche en responsabilité». L'affaire, qui fera grand bruit dans les médias, est en passe d'être réglée. Pour le Forestois, il s'agit bien d'une perte totale. La marine chilienne voulait couler son bateau retourné qui représentait un danger pour la navigation. Le marin ne donnera jamais son accord. «C'était mon bateau, je ne pouvais pas leur dire oui». De plus, c'était à l'assureur de prendre cette décision.
Sans outil de travail
«VM Matériaux» a-t-il coulé? Impossible de le savoir. Seule certitude, le dossier d'expertise établi après le chavirage a été déposé auprès de l'assureur qui, après avoir accepté la perte totale, annonce le paiement. Ne voyant rien venir (il s'agit d'une somme de 1,5million d'euros), Jean Le Cam, propriétaire de son monocoque, assigne en référé les courtiers. Ces mêmes courtiers qui avaient placé le risque chez un assureur en Russie. «Generali», dont le bateau a été perdu après l'accident de Yann Eliès, a déjà été payé par des assureurs anglais. Pas Le Cam qui a un emprunt sur le dos, à hauteur de 600.000euros, et se retrouve sans «outil de travail».
«Abasourdis»
Hier, le Tribunal de Commerce de Paris a rendu son jugement concernant ce dossier d'assurance. Un jugement défavorable. Le service de presse du skipper s'est contenté d'envoyer un court communiqué: «Nous savons juste que nous avons été déboutés de notre demande contre les deux courtiers d'assurance Siaci, filiale de la Financière Edmond de Rothschild et AMTM (Assurances Maritimes et Transports Mader). Sur les plans techniques et juridiques, nous, nos avocats comme ceux de la partie adverse, sommes abasourdis par cette décision». Pour Jean Le Cam, le coup est rude. En effet, il espérait une décision qui aille dans son sens afin de rembourser son prêt et réinvestir dans la construction d'un bateau neuf, en l'occurrence un 60 pieds Imoca signé Guillaume Verdier. Le marin devra retourner à la barre. Au prétoire.
le 11 décembre 2009
(Source : Le Télégramme)



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