le 11 janvier 2010

Après son voyage en Antarctique avec Erik Orsenna en 2005 et l'expédition Georgia Sat en 2007 en Géorgie du Sud, Isabelle Autissier vient de larguer les amarres pour une nouvelle expédition en Antarctique avec une équipe d'alpinistes.
Il y a quelques jours, «ADA II» le voilier de 15 mètres de la Rochelaise a quitté son port d'attache d'Ushuaïa. «Dans ce projet, nous allons descendre si possible jusqu'à 69 degrés Sud et aborder l'île Pierre Premier. Dans cette région de la péninsule antarctique, les cartes ne sont pas justes. C'est de la navigation à vue, en quasi-permanence au milieu des icebergs», explique Isabelle Autissier. Pour cette expédition-aventure de deux mois et demi aux confins du monde à travers les glaces, Isabelle Autissier a pour équipiers des marins-alpinistes: les navigateurs Tristan Guyon Le Bouffy et Jacques Marty, le glaciologue-himalayiste Patrick Wagnon, Lionel Daudet, alpiniste professionnel spécialiste des sommets perdus et Mathieu Cortial, aspirant guide. L'équipage va longer par l'ouest la péninsule Antarctique, le voilier servant de camp de base pour des ascensions de sommets vierges, jusqu'à l'île Pierre Premier où les montagnards espèrent pouvoir gravir le pic Lars Christensen.
Banc d'essai pour Safran
Cette expédition aura aussi un intérêt technologique car «ADAII» a embarqué une version simplifiée du système de détection d'OFNI dont le monocoque «Safran» était équipé pendant le Vendée Globe 2008. Pour ce tour du monde en solitaire sans escale, Marc Guillemot avait une caméra infra-rouge en tête de mât reliée à un système d'écran et d'alarmes qui permettait d'identifier des objets de taille réduite dont la température est différente de celle de l'eau. A bord d'«ADA II», le système sera au contact fréquent d'icebergs et growlers. «C'est exactement ce qui nous manquait pour pouvoir affiner le produit. L'expédition d'Isabelle permettra d'obtenir des images indispensables», explique Jean-Marie de la Porte, chef de projet du monocoque pour le groupe Safran, qui veut fiabiliser le prototype testé sur le Vendée. «Nous ne nous servirons pas du détecteur d'OFNI pour notre navigation, mais nous ferons régulièrement des enregistrements de cinq minutes qui seront ensuite exploités par Safran. Pour moi, c'est une façon d'aider à faire avancer cette technologie puisqu'elle vise à améliorer la sécurité des marins en mer», précise Isabelle Autissier.
Une personnalité éclectique
La Rochelaise au caractère bien trempé est impliquée sur de nombreux fronts quand elle est à terre. Ingénieur halieuthe de formation avant de consacrer plusieurs années de sa vie à la course au large, elle est toujours aussi occupée depuis qu'elle a pris du recul avec la compétition. Militante pour la défense de la planète, elle était vice-présidente d'un des quatre groupes du Grenelle de la Mer. Le 22décembre dernier, elle a été élue présidente de la branche française de WWF (World Widlife Fund). Cette femme au talent éclectique est par ailleurs une chroniqueuse pertinente à la radio et un écrivain qui a signé plusieurs ouvrages (1). Mais elle éprouve toujours un irrépressible besoin de larguer les amarres, de découvrir de nouveaux territoires et de relever de nouveaux défis.
(1) On peut citer «Kerguelen», «Le voyageur du pays de l'ombre», «Salut au Grand Sud» en collaboration avec Erik Orsenna.
le 11 janvier 2010
(Source : Le Télégramme)










