le 11 septembre 2009

De NewYork à Lorient sur un catamaran de 6,10m non habitable: c'était le pari osé de Benoît Lequin et Pierre-Yves Moreau. Ces deux marins lorientais sont en passe de le réussir.
le 11 septembre 2009

De NewYork à Lorient sur un catamaran de 6,10m non habitable: c'était le pari osé de Benoît Lequin et Pierre-Yves Moreau. Ces deux marins lorientais sont en passe de le réussir.
Un engin spartiate
Ces deux marins lorientais expérimentés, qui ont fait leurs premières armes sur l'Atlantique dans la Mini-Transat, ne se sont pas lancés dans cette aventure la fleur au tangon. Ils se sont appuyés sur une précédente expérience réussie. En 2007, ils avaient déjà traversé l'Atlantique avec ce catamaran sur le parcours Dakar-Pointe-à-Pitre (*). Ces deux récidivistes étaient conscients que, cette fois, le terrain de jeu était mal pavé et plus dangereux. Sur le plan technique, ils avaient préparé leur catamaran Octo Finances pour cette aventure avec une obsession sécuritaire. Les deux audacieux Lorientais n'ont cependant pas été épargnés par les soucis techniques. Au quatrième jour, ils ont dû jouer les «MacGyver» et consolider une poutre de liaison de leur cata qui donnait des signes de faiblesse. Cette réparation de fortune tient le choc mais depuis, un flotteur prend l'eau et l'équipage vigilant écope régulièrement. Sur un engin spartiate où les deux marins sont en permanence sous la lance à incendie des embruns et ont pour seul refuge une tente isotherme installée sur le banc surélevé où ils barrent, les ennemis étaient aussi le froid et l'humidité ambiante. Malgré les vêtements adaptés et les crèmes, les deux marins souffrent de problèmes de peau et de plaies dues à l'eau de mer et aux frottements.
«Dans une machine à laver!»
Ces deux gaillards au mental d'acier ont su surmonter ces petites misères pour faire avancer leur catamaran sur le toboggan de l'Atlantique. Mais depuis mardi, le vent, qui a basculé au secteur nord-nord-est, est venu compliquer leur progression vers les côtes bretonnes. Octo Finances navigue au près contre le vent qui oscille entre 25 et 30 noeuds sur une mer formée et croisée qui met le bateau et l'équipage à rude épreuve «On ne rigole pas en ce moment. Finir au près dans une machine à laver, ce n'est pas ce qu'on espérait mais il faut faire avec et s'accrocher pour s'avancer au mieux», confiait, mardi, Benoît Lequin. Dans ce final, la fatigue accumulée au long des 3.400 milles déjà parcourus se fait inévitablement sentir et le régime musclé de ces derniers jours ne facilite pas la récupération. «Le plus dur, c'est le manque de sommeil. On n'a pas pu dormir depuis cinquante heures car le bateau tape de trop. Sinon, il encaisse bien. Il y a des petits bobos mais rien de grave», confiait, hier soir, Benoît Lequin lors d'une vacation. À 154 milles du but, hier après midi, les deux aventuriers n'étaient toutefois pas au bout de leurs peines. Ils espèrent en terminer demain matin. Le fameux dicton «Qui voit Groix, voit sa joie» aura une sacrée saveur pour ces deux complices d'aventures salées depuis l'âge de 17 ans lorsqu'ils usaient leurs premiers cirés aux Glénan.
* Avec un record de la traversée à la clé en 11 jours, 11heures, 42 minutes et 25 secondes.
le 11 septembre 2009
(Source : Le Télégramme)



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